Vanité
Benoît : Ce titre s'est fait en Picardie quand on est partis ensemble nous faire écouter nos trucs respectifs. En fait, j'étais parti sur l'idée d'une chanson avec un bon couplet hip-hop un peu sombre et un bon gros riff efficace. Fred aussi était là et on a fait ce truc ensemble. C'est un petit peu avec des recettes à l'ancienne, mélange de hip-hop phrasé et de bons gros fiffs derrière mais mis au goût du jour quand même. C'est bien fat et sombre !
Mark : On est content d'avoir renoué avec ce phrasé rap même si plein de gens nous disent que ça n'est plus a l'ordre du jour. Le texte, c'est un peu sur la volonté de préserver. Quoi qu'on te dise ou quelles que soient les errreurs que tu peux faire, il faut essayer de garder ta propre ligne, c'est pour ça que sur le refrain je dis "C'est ma vie c'est mon puzzle". Ta vie, c'est un puzzle que tu assembles. Toutes les pièces sont pas parfaites, mais c'est toi. Il faut apprendre à t'accepter avec tout ce qu'on t'a donné et ce que tu prends.
Adrénaline
Mark : C'est le premier single. Benoît est arrivé avec, j'ai posé la voix dessus, et on a vite été suremballés ! Le texte est parti des trucs de banlieue, les bagnoles qui brûlent, tout ça... J'avais écrit 2-3 trucs comme ça vers mi-décembre. Le thème, c'est ça. Ca parle des gosses sous influences. Souvent, les conneries que tu fais étant jeune c'est sous influence parce-que tu sens une espèce d'impression d'exister, tu te sens bien dans ta connerie avec des trucs qu'on a tous faits à des échelles différentes.
Benoît : L'effet de groupe qui te conforte dans ce truc et qui te fait devenir barjo...
Galaxie
Mark : Dans Galaxie, y'a le titre de l'album, Alphabet Prison. Galaxie, audépart, était plus sur la capacité à s'exprimer et à dire les choses telles qu'on les pense. Souvent le langage est source d'erreur, ce qui fait qu'on ne se comprend pas les uns les autres. C'est aussi pour ça qu'il y a des guerres, la culture c'est la langue et tout découle de là. Après, musicalement, ce titre il vient de Fred et moi. On l'a écrit un matin chez moi. On avait envie de faire un truc un peu emo avec un refrain hyperlâché. J'avais trouvé la mélodie à la guitare folk.
Sept
Mark : C'est parti d'un truc de basse de ouf !
Benoît : On voulait effectivement un bon truc qui envoie en basse-batterie, c'est un peu un rendez-vous depuis nos débuts. Et puis voilà, les thèmes s'enchaînent. Ca reste aussi un titre un peu en référence aux débuts de Pleymo.
Mark : Pour les paroles, c'est marrant parce-que j'ai écrit ce titre à New York après avoir vu Team Sleep, le groupe de Chino. Ils étaient dans une petite salle à Brooklyn et ils ont joué assez tôt... Après le concert, je suis allé me prendre un café pas loin et j'ai écrit ce titre ! Je sortais du concert, j'étais encore sous le truc et tout était super calme dans les rues. Le texte, c'est un fait divers sur les gros meurtriers.
Roppongi
Mark : Benoît l'avait écrit dans les premieres parties des sessions et quand j'ai écouté le titre, je ne sais pas pourquoi, il m'a fait penser au Japon.
Benoît : Roppongi, c'est un quartier de nuit de Tokyo. C'est où vont tous les hommes d'affaires une fois qu'ils ont passé une journée harassante au bureau. Ils vont se lacher dans ce quartier et se mettre dans des états minables. Et du coup y'a aussi un bon paquet de clubs dans lesquels on a coutume d'aller quand on va à Tokyo. Il y a surtout un club où on va tout le temps...
Mark : On était avec les KoRn là-bas après notre concert à Tokyo... Y'avait Fieldy en train de se draguer une petite meuf. C'est l'endroit où toutes les rock stars vont. Y'a que des rock stars et des mannequins du monde entier et ils passent du métal à fond. Le patron en fait, c'est une vieille folle, et son truc c'est de coller des photos de lui avec des re-sta sur les murs. Donc la boîte est remplie de ce genre de tofs et quand tu regardes bien, en fait tu te rends compte qu'il y a pas mal de photos ristournées ! Mon jeu là-bas, c'est de mater les photos en esseyant de voir celles qu'il a trafiquées !
Block Out
Benoît : C'est un truc assez basique et un bon morceau live... Et puis y'a ma petite prestation au tambourin !
Mark : Pour les paroles, c'est toujours l'idée du bordel dans le monde d'aujourd'hui et la panique que ça crée. En fait, je décris des choses comme ça dans le couplet et le refrain c'est "essaye de t'enfermer". Ma meuf, elle a une tendance boulimique de LCI. Elle fait partie de ces gens qui, quand y'a un truc grave, regardent encore plus CNN et compagnie pour vraiment avoir peur, et moi ça me rend dingue. Je rentrais d'un voyage avant d'écrire ça et je ne sais plus ce qu'il s'était passé mais pendant la semaine où j'étais parti, elle a passé ses nuits à matter la TV et quand je suis rentré, elle était en panique. Alors ok, c'est bien d'être au courant de ce qu'il se passe dans le monde, mais faut pas en arriver là. C'est ce que je dis : "protège-toi, fais attention." Il y a une petite phrase là aussi, "Vas, vis et deviens", qui est le titre d'un film sur les juifs noirs en Israël. J'adore ce film !
Phantom
Mark : C'est un gamin qui s'est foutu en l'air. C'est sur la persécution des gosses. En fait, je suis parti du thème de Pearm Jam, c'est pour ça qu'il y a le clin d'oeil avec le gosse qui s'appelle Jeremy. Cette chanson de Pearl Jam parlait un peu de la même chose, d'un gamin qui ne trouve pas sa place entre ses parents qui l'écoutent pas et les autres gamins qui ne lui ressemblent pas. Donc voilà en fait , le refrain de cette chanson, c'est un mec de sa classe qui parle : "On était où, il étouffait, on l'a pas vu." C'est la culpabilité. A la base, c'est une compo de Davy.
Un parfum nommé 16 ans
Mark : C'est un texte que j'ai écrit a New York encore. C'est très ambiance... Je sais pas quel type de cinéma... Entre Virgin Suicide et... Tu vois, cet espèce de sentiment que tu peux garder ta jeunesse avec une espèce de nappe, de nuage. Y'a pas vraiment de lien dans le déroulé, mais on y trouve cette mélancolie, cette nostalgie. Moi j'ai des souvenirs complétement géniaux de l'adolescence. C'est pas forcément le cas de tout le monde, mais c'est une période dont je garde vraiment un bon souvenir. Quand tu le vis, tu ne t'en rends pas compte d'ailleurs, c'est marrant.
Benoît : Musicalement, l'idée de base était d'avoir des couplets vachement pêchus avec des guitares ouvertes et des refrains plus calmes. Et Mudrock nous a dit clairement qu'il se faisait chier sur les refrains. Il nous a demandé de les enlever et de voir ce que ça donnerait avec un thème tout le long. Il voulait qu'on le fasse au feeling et qu'on arrête de se regarder.
On l'a donc enregistré dans le noir pour pouvoir mieux s'écouter les uns les autres.
Zephyr
Mark : La musique, c'est Benoît qui l'a faîte avec Fred. Ils avaient envie d'un morceau bourrin ! De mon côté, j'avais trois chansons que j'ai mélangées pour les paroles. On avait écrit une chanson qui s'appelait Zephyr, mais qui n'était pas celle là, et qui était un peu sur le même principe que Vanité : Quand le monde s'acharne, fais pas gaffe ! Et j'ai aussi été inspiré par tout ce qui m'est arrivé sur internet. J'ai eu plein de critiques, des sites qui me défonçaient la gueule... Et puis il y avait un titre, Just A Ride, qui parlait de skate. L'hiver dernier, on allait au skate park tous les mercredis avec mes potes, et le truc qu'on se disait, c'est "quoi qu'il arrive, tu te tiens debout ! Si tu veux rentrer un truc, faut rester debout, parce-que si tu te dis que tu vas le foirer, tu le foires." J'ai couplé un peu tout ça. D'ailleurs, le titre, Zephyr, c'est en référence à la Zephyr Team dans Lords of Dogtown...
Je regrette
Benoît : C'est une chanson de Rico. C'est un petit peu son chef d'oeuvre. Il est arrivé avec preque tout, et on a juste retouché le pont tous ensemble.
Mark : Le texte est venu quand je bouffais un burger à New York. Je l'ai écrit sur une serviette de table ! Je suis parti d'une phrase d'Alice in Chains où il dit "You insult me in my home". J'ai commencé la chanson comme ça : "Tu m'insultes sous mon toît", et après j'ai fait mon truc. Je ne sais pas ce qu'il dit dans la chanson d'Alice in Chains, mais j'avais cette phrase en tête.
L'instinc et l'envie
Mark : C'est une chanson de Davy qu'on trouvait super californienne. C'est vraiment frais quoi. Avec le texte français après, elle a repris un côté sombre, mais avec le yaourt à l'époque, elle sonnait super ricaine. Je la fiffe, elle a un côté léger. Après, niveau texte, c'est la réponse directe à ce qui m'est arrivé sur Internet. Elle dit : "Tu vois bien que je ne plis pas sous la charge..." Toi, tu m'accordes tellemnt de temps, elors que moi je m'en fous !
Le nouveau monde
Mark : Ca, c'est le premier texte de Pleymo qui a créé un vrai débat dans le groupe. C'est le premier qui est aussi politisé même s'il y avait déjà eu Divine Excuse sur la religion. En fait, j'ai souvent envie de parler de ce qui se passe autour de nous, et en même temps, je me retiens aussi. Parce-que j'estime que ce n'est pas mon rôle n°1 de parler politique. Je ne suis pas assez politisé pour tenir un vrai débat et un vrai discours. C'est bête de prétendre à ça juste parce-que tu es chanteur, mais par contre il y avait 2-3 choses que j'avais envie de dire parce-qu'il y a des constats que tu peux pas éviter. On a eu un vrai débat au sein du groupe parce-que quand tu es 6 adultes, chacun a ses propres opinions. Finalement, j'ai réécrit un couplet entier, on a eu nos discussions, on a coupé la poire en 2 et voilà. En gros, c'est sur l'Occident et le Moyen-Orient.
Qu'est-ce qu'il nous restera
Mark : C'est une chanson calme, un titre guitare/voix. On était en Picardie, j'avais mon pro-tool, mon micro, j'étais tout seul dans ma chambre et je l'ai enregistrée direct après l'avoir écrite. Et on l'a mise telle quelle sur l'album. Y'a quelqu'un qu'on connaît depuis super longtemps qui nous a dit: "Moi je suis surfan de l'album, mais j'aime pas Qu'est-ce qu'il nous restera !" Je lui ai dit: "Mais pourquoi mec ? C'est bien une chanson calme !" Et en fait, le truc, c'est qu'il avait l'impression que c'était la fin de Pleymo ! Mais c'est pas ça ! C'est juste que des fois tu te projettes, tu te demandes où sera tout ce que tu fais en ce moment. Mon père se fouttait toujours de ma gueule quand on allait acheter des guitares. J'vais 16 ans, on allait rue de Douai et il me disait: "J'espère pour toi que tu seras pas un de ces vieux type en blouson de cuir avec les cheveux longs et blancs dégarnis sur le dessus qui va essayer des guitares rue de Douai à 50 ans!" Du coup, ça m'a mis le feu au cul pour faire un truc qui marche. Mais sérieusement, c'est vrai quand on pense à l'avenir, on se dit toujours: "Qu'est-ce qu'on sera plus tard ?"